Oiseau Aspirateur

Acryliques.
Sur toile sur châssis.
Format 130×97 cm.
D’après la fresque réalisée en 2016 à Street Art City (Lurcy-Lévis, Allier).

Collection particulière.

« Autours de l’œuvre »

Chapélies

Chapélies

Dans le quartier des Chapelies, deux fresques de Nelson Mandela & Djalâl ad-Dîn Rûmî rappellent aux jeunes qu’ils doivent croire en leurs rêves.

L’artiste urbain Jungle Raiddog et les jeunes des Chapélies ont réalisé cet été deux fresques en hommage à Nelson Mandela et Djalâl ad-Dîn Rûmî dans le quartier des Chapélies à Brive. Ces peintures murales qui portent un message d’espoir et de persévérance ont été financées avec un crédit d’État provenant de l’ANCT (Agence nationale de cohésion des territoires) dans le cadre de la politique de la ville avec la Préfecture de la Corrèze, et notamment en partenariat avec la Ville de Brive, l’Agglomération de Brive, l’Office HLM de Brive et le Centre culturel Raoul Dautry.

Des hommes et des mots inspirants
Parfois, il suffit d’une phrase, d’un encouragement pour changer le destin d’un individu. Installées au cœur du quartier des Chapelies, dans un passage convivial, les fresques réalisées par Jungle Raiddog et le Chap’Crew représentent deux hommes inspirants pour les jeunes et les habitants de faubourgs populaires : Nelson Mandela, Prix Nobel de la Paix, engagé pour l’égalité des droits de l’homme, et Djalâl ad-Dîn Rûmî, l’un des plus grand poète et « maitre d’éveil » persan.

Leur image apparait dans des couleurs éclatantes, accompagnées de citations tout aussi vives et impactantes : 

« Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse  » et « Que vos choix reflètent vos espoirs et non vos peurs. »
De Nelson Mandela. 

« Hier, j’étais intelligent et je voulais changer le monde. Aujourd’hui, je suis sage et je me change moi-même. »
De
Djalâl ad-Dîn Rûmî

Ces fresques des deux hommes, dessinées sur les murs du quartier transmettent une vision positive et dynamique de la vie, en rappellent aux jeunes qu’il est toujours possible de grandir, de progresser à force de travail, de confiance et de persévérance, en se remettant en question et en se battant pour réaliser leurs rêves.

Les coulisses des fresques
Initiée par l’Agence nationale de cohésion des territoires (ANCT) et la Préfecture de la Corrèze, Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCDPP) a permis à une quarantaine de jeunes du quartier (8-20 ans) de découvrir une pratique artistique urbaine et des influences culturelles plurielles, de développer une pratique individuelle pour créer une œuvre collective, basée sur des valeurs de respect.

En parallèle, ce projet s’inscrit dans la continuité des démarches visant à sensibiliser aux Objectifs de développement durable que l’artiste développe avec l’association 4D, chaque empreintes de main se situant aux extrémités des fresques représentent un objectif parmi les 17 ratifiés par les Nations-Unies. La première fresque « J’empreinte, je m’engage » qui a vu le jour en septembre 2019 sur les quais de Seine à Paris a permis de sensibiliser un large public aux 17 ODD, et de créer un sentiment de communauté, de destin positif commun.

“Empreintes” est un dispositif pour et avec les citoyens. Ces derniers s’approprient les ODD en laissant leurs empreintes qui symbolisent les traces que nous laissons, ils se forment en comprenant les caractères indivisible et universel des ODD et ils s’engagent !

Valérie Martin,
Cheffe du service Mobilisation Citoyenne et Médias de l’Ademe

Adresse
7-1 Allée Raoul Dautry – 19100 Brive-la-Gaillarde.

Communiqué de presse de Wally Montay avec l’aide précieuse de Philippe Quintin-Stern.

Démarche artistique

Démarche artistique

Son parcours a amené JUNGLE RAIDDOG à côtoyer différents champs artistiques : le web design, le cinéma, la bande dessinée, l’illustration, la toile jusqu’au muralisme, qu’il travail aujourd’hui. Autant d’espaces qui ont construit sa sensibilité et son regard. Il dessine et peint depuis toujours. Inspiré par K. Haring, le cubisme, le comics américain ou les covers de Pulp, sa démarche s’inscrit dans un mouvement de l’art urbain contemporain, populaire.

GENÈSE DU CHIEN ROUGE

De la rue à la toile, il met en scène un personnage qui lui aussi a tout de ce mouvement. Un personnage ludique et fédérateur, au coeur d’un travail qui convoque l’éprouvé esthétique et émotionnel sans détour. Du ressenti plutôt que du sens. Créature imaginaire et chimérique, le chien rouge a.k.a. le RaidDog s’est installé dans son atelier et sur ses toiles comme un sujet évident à explorer et à traiter. Après plusieurs années d’existence confinée dans les carnets et l’imaginaire de JUNGLE, le personnage déjanté, fantaisiste et anthropomorphe évolue maintenant pleinement dans un univers coloré, et s’expose sur les différents espaces plastiques que l’artiste explore. C’est dans la répétition de ce personnage qu’émerge une démarche de figuration narrative. Dans ce travail en série, alternant la représentation de ses différents états d’âme, chaque oeuvre assure également la fonction d’enrichir la vie du personnage et d’en épaissir l’identité. Sa couleur, ses mouvements, son regard et son environnement simplifié sont autant de points de variations qui caractérisent ce récit pictural. Par conséquence, la focale du regardeur s’oriente plus naturellement sur les points nodaux de la démarche plastique: points de vue, angles, proportions et mouvements, effets de matières, couleurs, plan, volume et échelle, innovation technique…

Derrière la légèreté apparente du propos, le chien transpose une charge et une tension émotionnelle paradoxales. Alternant entre naïveté et destruction, il porte à la fois la spontanéité de l’enfance et les conflits pulsionnels de l’adulte. L’ambivalence des mouvements qui l’animent sont en effet au cœur de l’identité de cette figure archétypale.

Cette polarité est exacerbée par le choix de la couleur, rouge, qui s’est imposée il y a longtemps, d’instinct, celui qui guide et caractérise la démarche de JUNGLE. Celle de la passion amoureuse, du danger, de la chaleur ou de la rage. Le rouge organique ou sanguinaire. Sur la toile, le fond quant à lui tend à se simplifier, n’ayant pour fonction que de faire ressortir la vivacité du personnage.

Le traitement graphique du sujet illustre bien la maitrise technique et le soin apportés aux questions de volumes et de profondeurs, issus de son travail passé à l’échelle de la vignette et du plan cinématographique. L’usage de la perspective traduit un regard singulièrement inspiré de cette double expérience et propose un angle de vue qui se veut focale pour le regardeur, lui permettant à chaque toile, de compléter sa connaissance du personnage afin d’aboutir à une vision globale. La richesse des angles travaillés associée à la constance des proportions permet en effet au public d’intégrer progressivement, une représentation tridimensionnelle du chien rouge.

Le travail sur les  proportions est en effet au cœur de son exercice plastique et sa maitrise résulte des années de travail fourni à l’échelle de la vignette.  Parce que ce cadre particulier nécessite un respect des proportions et de la composition rigoureux pour restituer une harmonie et une esthétique satisfaisante pour le regardeur, JUNGLE a dû perfectionner son trait afin qu’il respecte les exigences de l’œil.

ÉMANCIPATION DU SUJET

Ce personnage, ainsi investi d’un regard, d’une vie psychique et d’une intégrité physique oriente la démarche de l’artiste vers de nouveaux supports, médiums, traitements ou formats. C’est ainsi que d’expérimentations graphiques en expériences plastiques, le chien s’émancipe de son cadre et rejoint la troisième dimension de l’homme, s’érigeant en sculpture.

De taille modeste d’abord, réalisé en bois massif, le Raiddog repousse rapidement les limites de ses contours. Bénéficiant du soutien du 6b et de ses équipes dans le cadre du festival FAR 2014, il devient sculpture architecturale, volume monumental de 350 m3. Ainsi s’opère la Métamorphose artistique du chien, d’un plan à l’échelle, dans le respect des proportions mises en traits depuis sa création.
Sous cette nouvelle forme, ses contours deviennent son seul cadre et il dispose enfin d’un vide intérieur. Un vide à emplir, un espace d’achèvement, un potentiel d’accomplissement, une finitude à explorer.  D’avatar symbolique, il se veut et se peut maintenant totem, Gardien de la tranquillité des lieux et de ses occupants.

Ce récit est finalement celui de l’émancipation d’un espace symbolique, qui accède à sa propre vie et se libère du cadre étriqué et défini qui en contenait sa potentialité. Dans ce travail entre architecture et sculpture, les dualités qui occupent le travail de JUNGLE sont au cœur du propos. Les rapports Humanité/Bestialité et Intérieur/Extérieur s’offrent un espace de réflexion plastique tandis que ceux qui font dialoguer support et surface semblent cesser, pour laisser les notions se rejoindre et se confondre le temps d’une œuvre… En effet, dans l’idéal conçu par JUNGLE, la surface de l’œuvre peut devenir support à la création dans la limite circonscrite par la taille de l’homme et donc celle de sa capacité à recouvrir le corps sculptural du volume.

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